TFGA n°13 : C’était mieux avant

C’est par ce billet que je commence ma participation aux TFGA (Top Five Gaming Addict), avec un thème d’actualité et cher à beaucoup de joueurs. Bon, j’en ai des choses à dire, et j’ai dû faire un gros tri dans les points que je voulais aborder. La thématique du « c’était mieux avant » dans les jeux vidéo est un sujet vaste et sulfureux par les temps qui courent.

Je me suis retrouvé a écrire plusieurs paragraphes sur tel ou tel sujet, à voir que certains se regroupaient par certains aspects, tandis que d’autres auraient nécessité un traitement plus long et élaboré. Du coup, j’ai tranché dans le vif, regrouper certains et synthétiser au mieux le tout. En voici le résultat, bonne lecture… Ah oui, j’avais du mal à trouver des images pour illustrer mes propos donc j’ai mis un peu ce qui me plaisait.

N°5 : J’achète, je rentre, je joue

Le plaisir ultime pour un joueur, c’est de se rendre dans sa boutique préférée au coin de la rue et d’acheter cet exemplaire du jeu tant attendu, de rentrer chez soi avec toute l’excitation de pouvoir lancer une première partie et de plonger sans attendre dans l’aventure. Quoique, l’excitation peut aussi passer par l’ouverture de la boîte aux lettres en priant pour que le colis soit bien là comme le stipulait le suivi.

Retour de Cash #4

Si hier cette attente se limitait uniquement au trajet vers la maison, ou au suivi du colis jusque dans la boîte aux lettres, aujourd’hui il faut jongler avec les patchs Day-One, les installations, et autres joyeusetés. Si encore vous avez une grosse connexion, les quelques giga-octets de téléchargement ne vous prendront que le temps d’un café, mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

En ce qui me concerne, je dois prendre mon mal en patience. Et les minutes se transforment en heures, l’attente en supplice. Surtout que de nos jours, l’information va vite, très vite. Et c’est d’autant plus frustrant quand on voit sur Twitter, Twitch et autres médias, des joueurs déjà en pleine partie.

Classic Gameboy by JambioO
Classic Gameboy by JambioO

Un cas concret avec Rise of the Tomb Raider, qui fait (en version dématérialisée) environ 20 Go : il m’aura fallu toute une nuit et la partie de la journée suivante pendant lesquelles j’ai bien sûr dû laisser tourner la console pour terminer le téléchargement et l’installation. La plupart du temps, j’évite d’acheter le jeu en dématérialisé, mais parfois je n’ai pas le choix. Dans ce cas précis, les jeux sont fournis en démat dans le pack Xbox One.

Intermède non musical : oui, j’ai une Xbox One, c’est tout nouveau tout chaud, et un billet unboxing devrait pointer le bout de son nez lundi si tout va bien.

Bref, il me manque ce temps bien lointain, où l’on insérait simplement sa cartouche ou son CD dans la console et qu’on lançait un jeu. Surtout que dans quelques années, et bien tous ces jeux nécessitant une connexion, une licence et des patchs qui n’existeront plus, ne ne lanceront simplement plus…

N°4 : Le dématérialisé et le marché de l’occasion

Justement, parlons-en du dématérialisé, qui empiète largement sur notre choix de revendre ou acheter un jeu d’occasion. Si avant, on ne se posait pas la question, et s’échangeait les jeux de main en main, il y a eu une époque intermédiaire pendant laquelle les petites boutiques d’occasion nous permettaient de replonger dans une autre aventure sans devoir lourdement repasser à la caisse.

Petite config PC Gamer

Mais depuis quelques temps, les éditeurs voient d’un mauvais oeil le fait de pouvoir racheter un jeu qui ne serait pas un neuf. C’est un manque à gagner pour eux, une manne financière qu’ils ne peuvent pas négliger. Au fil des années, des solutions de plus en plus contraignantes ont vu le jour – comme le pass multi utilisable une seule fois mais qu’on a vu disparaître avec la nouvelle génération de console vu qu’on paye un abonnement en ligne désormais – l’arme ultime étant le dématérialisé.

En effet, la revente n’est plus possible avec un jeu en dématérialisé, et qu’en fait on l’achète pas vraiment mais on le loue. Si la licence expire, ou que l’éditeur décide de le retirer des plateformes de téléchargement, c’est pour notre pomme.

N°3 : Les jeux en kits, DLCs et Season Pass

L’autre sujet qui fâche c’est cette systématisation des DLCs, prévus et développés avant même la sortie du jeu, ou des Season Pass qui obligent à repasser à la caisse pour avoir du contenu supplémentaire tout au long de la première année (et rebelote pour la seconde, rien n’est gratuit).

Pokémon Version Or GBC 03

Dans un sens c’est bien d’avoir du contenu pour un jeu qu’on apprécie, mais entre les prix abusés (le Season Pass de Star Wars Battlefront est vendu tout même près de 50€) et un sentiment de vol quand on se rend compte que ce contenu est déjà présent dans le jeu de base (simple installation d’une clé de quelques kilo-octets), le ras-le-bol n’est pas loin.

C’est sans compter sur les version GOTY qui sortent l’année suivante, avec tous les DLCs ou presque, pour le même prix que le jeu de base vendu auparavant.

N°2 : La surconsommation, remasterisation et l’annualisation des licences

Surenchère, annualisation de certaines licences dévalorisant le matériau de base, qui s’essouffle, plus vraiment d’originalité. Le jeu vidéo se cherche, média encore trop jeune mais en pleine adaptation. Hier c’était l’effervescence, la découverte, aujourd’hui c’est surtout la rentabilité, toucher le plus de joueurs possible.

Assassin's Creed IV Black Flag PS4

Il suffit de voir le marasme dans lequel se retrouve la série des Assassin’s Creed, fleuron d’Ubisoft il y a encore 2-3 ans, devenue générateur de memes et source de moqueries depuis Unity. Tout ceci au détriment du dernier opus sorti, Assassin’s Creed Syndicate, qui est pourtant nettement meilleur que le précédent. Les éditeurs essorent leurs licences jusqu’à la dernière goutte, en sachant pertinemment qu’elles finiront dans la poubelle. Mais ce n’est pas grave, on change l’univers, on améliore le moteur, et on relance une nouvelle licence sans trop de frais, à l’instar de Watch Dogs et La Terre du Millieu : L’Ombre du Mordor, en espérant que les recettes soient bonnes pour lancer une suite et sortir un GOTY en passant.

Reste l’Indé, dans lequel on trouve de belles pépites. Les AAA doivent être rentables, et les risques sont trop calculés. Du coup, les idées originales passent à la trappe. Là où l’Indé avec moins de moyens mais plus de liberté et d’envie nous offre des expériences vidéoludique qu’on croyait disparues. Et j’englobe là dedans des projets plus gros, qui ont l’appui d’un éditeur même si le risque est grand, comme NieR dont je ne cesserais jamais de lui porter tout mon amour, ou encore Binary Domain et Alpha Protocol.

Child of Light PS4

Un point qui rejoint le précédent, toujours en point de mire la rentabilité, c’est la remasterisation à outrance des jeux de l’ancienne génération. On ne peut pas trop comparer avec les anciennes consoles, car la rétrocompatibilité n’est pas nouvelle certes mais a souvent été un sujet marginal. On avait quelques outils à l’époque comme le Super GameBoy par exemple, mais la rétrocompatibilité logicielle n’a pas donné grand chose, faute à l’architecture matérielle toujours plus complexe des machines d’aujourd’hui.

Mais là n’est pas la question, car en fait les éditeurs ont simplement vu là un autre moyen de faire des ventes avec un minimum d’investissement. Dans un sens, c’est légitime, la production d’un jeux vidéo aujourd’hui est bien plus lourd financièrement, et pouvoir rentrer de l’argent dans les caisses par des moyens moins coûteux est forcément intéressant. Mais trop c’est trop, on se retrouve maintenant avec des jeux en  « Remaster HD » alors qu’ils sont sortis l’année d’avant sur l’ancienne génération de consoles : on y glisse un lissage HD, un 60 FPS, un 1080p, les quelques DLCs, et c’est dans la boîte. Bon, le prix s’est dégonflé en passant, heureusement, mais voilà encore une façon de tirer sur la corde sensible du joueur fan en manque de jeux dans une période creuse ou pas.

N°1 : L’histoire

Le jeu vidéo a grandi depuis ses débuts, les graphismes se rapprochent de plus en plus du photo-réalisme, l’univers plus riche et conséquent, l’immersion plus importante. Hélas, je me retrouve souvent le bec dans l’eau quand je vois le soin apporté à l’histoire, digne des meilleurs scénarios des pires films de série Z. J’ai envie d’être transporté, de ressentir de l’émotion, d’y retrouver du suspense et d’avoir peur. Le jeux vidéo est un média plus novateur que le cinéma en cela qu’il n’est pas totalement dirigiste. Le joueur prend en quelque sorte les commandes et s’immerge via les yeux du héros principal. Les possibilités sont énormes, là où le cinéma doit se contenter de nous laisser simple spectateur arrive pourtant à mieux véhiculer et partager un panel d’émotions.

The Witcher 3 Kaer Morhen

Bien sûr, dans la masse certains jeux vidéo s’en sortent mieux, je pense notamment à Mass Effect ou The Witcher pour les plus connus. Mais je re-balance Binary Domain qui traite de sujets éthiques intelligemment malgré un emballage perfectible, ou de Alpha Protocol qui réussit à nous tenir en haleine.

Conclusion

Voilà, c’était ma première participation au TFGA, et je dois dire que la thématique m’a beaucoup inspiré. C’est un sujet plutôt sensible tant notre média est en pleine évolution mais reste fragile par certains aspects. J’espère que le jeu vidéo suivra le bon chemin, mais pour cela les joueurs doivent prendre la peine de le guider, sinon ce seront les éditeurs qui décideront de l’avenir de notre média adoré.

7 réflexions sur “TFGA n°13 : C’était mieux avant

  1. Sympa ce billet, agréable à lire ! Tu vas me donner envie d’en écrire un moi-même maintenant 😉

    Je te rejoins sur pas mal de points, et surtout sur un dont je me fais la réflexion systématiquement: le scénario. Dingue ce qu’on est de plus en plus souvent abandonné par l’histoire de notre jeu vidéo. Et l’exemple parfait, c’est AC justement, qui avait une idée du tonnerre et qui l’a carrément abandonné en chemin au fil des suites… 😦

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    1. Tu peux participer aux TFGA sans problème 😁, je viens juste de commencer avec celui-ci alors que ça faisait qq temps que j’en avais envie. C’est pas moi qui gère les thèmes, mais je trouve ça sympa justement d’en avoir un imposé. Pour plus d’informations tu peux jeter un oeil sur Twitter dans mes derniers messages, là je peux pas mettre de lien je suis sur mon tel 😄

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  2. Horny

    Très intéressant cet article.

    Je te rejoins sur beaucoup de point notamment sur les jeux « pas finis », spécialité Ubisoft et les DLC dans la galettes made in Capcom.
    A l’époque un jeu en boite était fini … aujourd’hui les jeux sans DLC se compte sur les doigts de la main.

    Lorsqu’il il s’agit d’un vrai contenu supplémentaire développé après coup (Valkyrie Chronicles, Witcher 3, Bloodborne) çà ne me dérange absolument pas. Les baldur’s gate, diablo, starcraft, warcraft 3, etc. en ont eu aussi à leur époque (on appelais ca des extensions et on était comme des fous quand Brood War est sorti :D). Malheureusement, la tendance actuelle est plus d’enlever du contenu pour surfacturé le jeu de base. Une manière de rentabilisé les coûts de développement devenu pharaonique et je trouve cela inadmissible.

    Ma consommation vidéo ludique a changé a cause de cela. Hors mis les jeu Nintendo et Blizzard dont la qualité est au top dès la sortie, il est très rare que j’achète un jeu Day One. Et à trop attendre, je finis par attendre la baisse de prix plutôt que le patch.

    Concernant les remasterisations, autant j’adore lorsqu’il s’agit d’une série un peu ancienne (Tales of Symphonia, Ico, Zelda Windwaker), autant les dernières en date me laisse perplexe surtout lorsqu’il s’agit de jeu déjà magnifique et tournant en 1080P (Uncharted, Last of Us, Darksiders 2, Sleeping Dogs, Tomb Raider).
    Et la ou sa devient aberrant, c’est lorsque Ubisoft (toujours dans les mauvais coups) ressort 20 ans après un Heroes 3 soit disant « HD », à peine plus beau que l’original, sans les extensions déjà largement rentabilisé, et pourri de bugs à tel point que la version Ipad n’est même pas jouable 6 mois après… le tout entre 10 et 15€. Du vrai travail de porc.

    Tout cela me fait relativisé le « confort » de jouer sur console (mis à part Nintendo qui continue à la faire propre … mais pour combien de temps ?). Aujourd’hui, elle ne me servent qu’aux exclusivités, le reste c’est sur PC que çà se passe.

    Enfin bref, effectivement sur beaucoup de points, c’était mieux avant.

    PS : Nan mais quelle faiblesse, c’est pas possible 😀 . Amuses toi bien avec ta nouvelle Xbox One, surtout qu’il y a des exclu sympa dessus qui ne doivent plus coûter très cher aujourd’hui (par ex: Dead Rising 3 et Sunset Overdrive)

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    1. Ah oui, c’est vrai ça s’appelait avant des extensions ou des addons, mine de rien la nuance est importante. Avant il s’agissait de contenu supplémentaire, aujourd’hui il s’agit de contenu à télécharger (DLC).

      PS : oui ^^, il y a de belles exclues maintenant et à venir, je me suis déjà pris Ryse Son of Rome, un bon défouloir hyper joli.

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  3. Ping : Alex Effect » TFGA n°13 : C’était mieux avant

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