[Test] Final Fantasy XV : le roi est mort ? (PS4)

L’année 2016 a été celle de la sortie de deux arlésiennes du jeu vidéo. Si la seconde, The Last Guardian, vient tout juste de dévoiler ses secrets à l’heure où j’écris ces lignes. La première, Final Fantasy XV, n’a plus grand chose à cacher une semaine après sa sortie. Il m’aura fallu 45 heures de passion et de haine pour le terminer, des heures entremêlées par de nombreuses quêtes annexes et découverte de Lucis plus que par les missions principales.

Mais faisons cela correctement, et je dois dès à présent vous prévenir que je dévoilerais certains éléments du jeu dans ce test. Si je ne mentionnerais absolument rien de l’intrigue et de la fin du jeu, je ne pourrais faire l’impasse sur quelques passages de l’histoire, mais sans jamais trop en dévoiler. Je ne compte pas vous gâcher la surprise, mais il est important de le signaler.

Premières impressions et premières heures

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Les premiers instants du jeu, au rythme de Stand By Me (chanson reprise par Florence + The Machine), donnent le ton. J’ai tout de suite été emballé par le quatuor même si au début Prompto me tapait sur le système. En fait c’est sans doute le plus sympa du groupe, et le plus attachant, à sortir des blagues nulles toutes les 10 minutes ou à pousser la chansonnette tranquillement après un combat ou en plein donjon. Et puis il aime les Chocobos, c’est forcément un signe.

En tout cas, les premières heures sont plaisantes et rafraîchissantes. On est libre de se balader dans l’immense zone qui s’offre à nous (du moins pas au delà des premiers barrages, mais la zone est suffisamment vaste et s’agrandira par la suite). En bon fan de RPG je peux dire que c’est un réel plaisir, c’est simple j’ai certainement passé mes 15 premières heures à faire des quêtes annexes plutôt que d’avancer dans les missions principales. Bref, la découverte est agréable, et pour l’instant tout va bien, notre petit groupe doit juste se rendre à une station balnéaire pour prendre un bateau, mais en attendant ils doivent gagner de quoi payer les réparations de la Regalia.

Graphismes et technique

Visuellement, le jeu est magnifique sur une PS4 Pro, c’est le plus beau RPG sorti à ce jour sur consoles de salon. Les effets de lumière, la distance d’affichage, le bestiaire, et les environnements, tout est beau à voir et à admirer. Bon, il est vrai qu’en dehors de Lestallum il n’y a pas d’autres villes, du coup c’est certainement moins compliqué d’afficher la carte en temps réel et sans chargement quand on se balade, vu qu’il n’y a pas de zones très denses. À ce propos, préparez-vous à une bonne claque la première fois que vous découvrirez Altissia.

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Tout au long de mes 60 heures de jeu, je n’ai connu que très peu de bugs visuels, en fait j’ai surtout eu droit à des bugs technique comme une quête qui bloque toute l’interface et qui m’a obligé à quitter le jeu depuis le menu de la console. Ou bien la fois où j’ai perdu Gladiolus, mais alors totalement perdu de vue, et j’ai dû camper pour le voir réapparaître au petit matin. Le plus frustrant reste tout de même la gestion de la caméra, et pire lors des combats. Par défaut, on joue les combats en temps réel, et vu que la plupart du temps la caméra est proche et s’affole pour un rien, sans oublier le pattern illisible des ennemis, on se prend des coups et attaques sans pouvoir les éviter, sans compter celles provenant d’ennemis hors champ.

Je vous raconte pas le bordel dans des environnements étriqués, tel que les donjons, où la caméra fait mumuse avec les murs. Je ne parle pas non plus de l’IA des compagnons, sur les gros combats ils ne sont bons qu’à prendre des coups et bouffer mes réserves de potions, affligeant. C’est bien dommage pour les combats ce manque de maîtrise, de ne pas pouvoir contrôler le positionnement des acolytes et leur éviter certaines attaques dévastatrices.

Histoire et personnages

Si le début s’avère assez calme et sans réelle pression, le jeu s’accélère une fois que vous tentez de prendre enfin le bateau. Et autant dire que par la suite, tout se gâte niveau histoire et enjeux scénaristiques. On sent le poids des années de développement qui au final donne lieu à une espèce de créature de Frankenstein. Certaines missions sont à pleurer tellement elles sont insipides et mal écrites. Il en va de même pour la mise en scène inexistante les 3/4 du temps.

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J’ai commencé à sentir le malaise arriver lors de la mission consistant à récupérer la Regalia. Genre, on te lance la mission en mode infiltration dans un RPG qui ne le gère absolument pas. Et je crois que les développeurs eux-mêmes s’en sont rendu compte au beau milieu de la mission, puisqu’elle vire radicalement en un gros foutoir et combats à gogo. C’est aussi à la fin de cette mission qu’on découvre les premiers généraux de l’Empire, en commençant par Ravus qui aurait pu nous mettre la pâté mais arrêté par Ardyn.

Bon à ce moment là du jeu, on ne comprend pas pourquoi et c’est très mal amené, autant par les dialogues que par la réalisation. C’est fort dommage, car cette maladresse transpire tout au long de l’histoire principale, comme si le jeu ne savait pas comment raconter sa propre aventure. C’est encore plus flagrant lors du combat qui a lieu plus tard, dans une autre mission rocambolesque, où l’on affronte Aranea, et qui se barre parce qu’il se fait tard et qu’elle n’est pas payée pour les heures sup… C’est texto ce qu’elle dit. Et d’ailleurs cette mission est d’un ridicule, le quatuor la lance en mode racaille pour se venger, allez on va foutre le bordel dans une base impériale.

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Et encore le pire est à venir, sitôt après le chapitre 8 et la découverte d’Altissia. Le jeu part en roue libre, comme ce combat contre l’un des Dieux où tu ne sais absolument pas ce que tu fais, mais ça passe donc bon vas-y appuie frénétiquement sur les boutons. Je me souviendrais longtemps du combat contre le Titan, où mon personnage ne faisait que glissait en l’air en bloquant les attaques du Titan, c’était d’un ridicule, tout ça parce que je ne me trouvais pas exactement là où se déclenchait le script. De toute façon, les combats contre les dieux n’ont qu’un gameplay et une mise en scène minimaliste à offrir, excepté pour le tout dernier dont je tairais le nom pour ne pas vous gâcher la surprise et qui m’a tout particulièrement enthousiasmé. A croire que les développeurs se sont reposés entre le prologue et l’épilogue.

Le chapitre 13 et autres défauts

S’il devait y avoir une liste de choses à faire subir à son pire ennemi, je crois que finir le chapitre 13 de Final Fantasy XV serait en première position dans la mienne. Ce chapitre c’est toute la haine incarnée du jeu, tous ses défauts à leur paroxysme. Car en plus d’être long et chiant, la jouabilité y est exécrable, on nous remet de l’infiltration dans un jeu qui ne la gère absolument pas, un screamer identique à répétition, une mise en scène et des environnements médiocres, et on nous balance des points cruciaux de l’histoire à la gueule en la présence de simple documents à lire. Je crois que j’ai jamais autant souffert dans un jeu vidéo que lors du parcours de ce chapitre 13.

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Si c’était le seul défaut du jeu, ce serait déjà trop. Heureusement que le dernier chapitre du jeu relève énormément le niveau, il retrouve enfin sa flamboyance, avec un final grandiose et émouvant. En fait ce Final Fantasy XV sauve tout juste les meubles grâce à son quatuor, le monde ouvert disponible dans la première partie du jeu et son épilogue. ne vous inquiétez pas, vous pourrez toujours revenir à Lucis ou à Altissia plus tard, mais d’une façon différente (pas de point de non retour, juste des séquences plus ou moins longues qui vous empêchent d’y retourner temporairement).

Je reviens sur les Dieux, en quelque sorte les invocations, même si pour ma part je n’ai eu droit qu’à Ramuh. Car oui, les invocations sont programmées, on ne peut pas les lancer manuellement lors d’un combat sauf si le jeu l’a décidé (par exemple s’il estime que le combat s’éternise, en gros la plupart du temps quand vous êtes nuls). Si au début on les affronte dans des combats qui se veulent dantesques, à un moment les développeurs on dû se dire « on s’en balek » et on lui file une autre comme ça, YOLO.

J’ai même pas envie de continuer à critiquer l’histoire tellement le potentiel de cet univers est gâché. Les personnages secondaires sont réduits à peau de chagrin, mention spéciale à l’empereur, je pense que peu de joueurs vont faire gaffe à sa présence, surtout s’ils n’ont pas vu Kingsglaive.

Conclusion

Final Fantasy XV m’a secoué comme une poupée de chiffon entre haine et amour, et ce jusqu’à la fin. Si le Post Game promet encore de nombreuses heures d’exploration, ce sera toujours au détriment d’un système de combat mal fichu. Si le final m’a ému, se sera toujours au détriment d’une histoire mal racontée qui peine à nous faire ressentir le moindre enjeu important.

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Au final, FFXV me plaît par certains aspects et m’a déçu par beaucoup d’autres. Maintenant, je souhaite juste en terminer avec les derniers trophées et passer à autre chose. S’il ne mérite pas une mauvaise note, il ne mérite pas non plus de figurer parmi les meilleurs jeux de cette génération. Personnellement, je lui mettrais un 13/20 honorable. Et cette note il l’a doit principalement à mon côté fanboy des Final Fantasy, à son ambiance et sa technique, et à ces quatre garçons qui forme un vrai groupe solidaire (le seul truc réussi de tout le jeu) et toujours au fait que j’adore me balader, pêcher des poissons, combattre un bestiaire super riche et découvrir des donjons.

Reste que j’ai un goût amer dans la bouche, comme si le roi des J-RPG était mort pour de bon, j’ai la mauvaise impression que la saga Final Fantasy ne retrouvera plus sa grâce d’antan. Me reste alors les souvenirs chers passés sur Final Fantasy VII et VIII, ceux auxquels j’ai le plus joué. Ce ne fut pas les seuls de la série que j’ai terminé, mais ce sont les plus importants à mes yeux. Pour l’instant, j’ignore encore quelle place occupera Final Fantasy XV dans mon coeur, il est encore trop tôt pour le dire.


Entre désillusions et flamboyance, Final Fantasy XV m’aura émerveillé par ses graphismes, sa musique et son quatuor, et principalement déçu par son histoire, son système de combat et sa linéarité.

13/20

2 réflexions sur “[Test] Final Fantasy XV : le roi est mort ? (PS4)

  1. Une beauté gâchée : triste résumé à ressortir de ton test. Il a été tellement attendu. Visuellement, le jeu paraît indétrônable en ce moment. Pour ces raisons et pour toute l’attente, Final Fantasy XV s’avère intrigant. Il n’y a plus qu’à espérer y trouver quelques points d’intérêt, tout comme toi ! 🙂

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  2. Horny

    Je suis en passe de platiner FF15 (il me reste la peche, la cuisine et la survie) et je te rejoins sur tous les points. Mais quel gachis !! Et encore tu n’a pas parlé des temps de chargement monstrueux.

    Ce FF restera pour moi une énorme déception et même plus que le 8 que je n’ai pas aimé pour diverses raisons mais qui au moins n’était pas bâclé.

    Et ce chapitre 13 … mais quelle infamie ! J’ai failli en pleurer tellement c’etait Long et chiant.

    Et dire que FF13 (que j’ai bien aimé) s’est fait massacrer a sa sortie … honnêtement j’ai trouvé FF15 bien pire.

    Allez on oublie tout ca et on prie très fort pour un FF16 digne de sa lignée.

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